Peaux mortes

Insister sur la perte d’équilibre

Insister sur la perte d’équilibre

Fusain sur papier 300 g, 300 x 140 cm, 2019

Cette série s’intitule Peaux mortes en référence à l’écorce si particulière des platanes, qui tombe progressivement des troncs. Déjà symboles de régénération dans l’Antiquité, ces arbres sont néanmoins ici représentés au sol découpés en morceaux : c’est la peau du paysage qui meurt avec eux. Ces platanes devant ma fenêtre, c’était mon plaisir quotidien, une enclave de nature entre ces quatre voies de circulation bruyantes, un refuge. Mes témoins silencieux, bien ancrés, mes attaches aux formes surréalistes que je lisais dans leurs lignes sinueuses. Ces dessins sont un peu comme un hommage après la perte et face à l’absence.

Pour composer ces images, j’ai travaillé à partir de photographies que j’ai prises. J’ai ensuite sélectionné des éléments précis de ces amoncellements de bois pour insister sur l’effet de morcellement et de démembrement. En décalant les lignes d’horizon sur ces formats verticaux, j’ai voulu perturber notre lecture des dessins et insister sur la perte d’équilibre, la chute. Ces formats tout en hauteur rappellent la verticalité passée de l’arbre et s’opposent à une conception occidentale et horizontale du paysage. L’horizontalité est ici uniquement due au positionnement au sol des tronçons – du fait de la coupe – critiquant notre rapport même à la nature.